La réalisation de l'expédition Mauritanie 97 a été facilitée par les parrainages d'Eric Tabarly et du professeur Théodore Monod, qui nous ont apporté leur soutien tout au long de l'année.


    ERIC TABARLY

Un homme, une victoire...
Lorsque les inscriptions pour la course transatlantique en solitaire de 1976 furent ouvertes, Eric Tabarly ne disposait que de son Pen Duick VI. Ce dernier n'était pas du tout conçu pour la course en solitaire, et pourtant Eric Tabarly prit le pari.
Il prit le pari de mener seul ce coursier des mers normalement conçu pour une douzaine ou une quinzaine d'hommes. Pen Duick VI mesure 22 mètres de longueur. Il a été dessiné par l'architecte naval André Mauric et construit à l'arsenal de Brest. Il a démâté plusieurs fois notamment lors de la première étape de la course autour du monde de 1973-74 et une nouvelle fois lors de la deuxième étape.
Enfin, il a reçu son vrai mât. Tabarly, pour la transate de 1976, se contente d'y apporter quelques aménagements mineurs d'accastillage ; et d'y ajouter un pilote automatique (qui d'ailleurs tombera en panne dès le cinquième jour).
La course elle-même est étonnante, Tabarly reste silencieux du début à la fin. Il démâte, se détourne 24 heures pour rentrer à Brest, repart, tombe en panne de pilote automatique, et finalement réussit à doubler le grand monocoque Club Méditerranée d'Alain Colas lors de l'escale que celui-ci est obligé de faire à Terre-Neuve. Au bout du compte, Tabaly surgit de la brume et remporte la course à Newport avec 7 heures et 24 minutes d'avance sur son suivant Club Méditerrané.

Le parrainage d'Eric Tabarly a été établi dès l'automne 1996, c'est-à-dire avant même que équipe ne soit complète. La renommée du célèbre skipper ainsi que celle de Pen Duick VI nous ont permis de lancer ce projet de grande envergure.


      THEODORE MONOD

Né en 1902 à Rouen dans une famille dont le père était pasteur protestant, Théodore Monod fut dès son plus jeune âge très sensible à la Science et à Dieu. Ces deux centres d'intérêts vont le guider tout au long de son existence. A vingt ans, il est nommé au Muséum d'Histoire Naturelle et entreprend ses premières missions océanographiques.

Il est envoyé sur la côte Mauritanienne pour y étudier la pêche et les poissons. C'est à la fin de cette mission qu'il effectue sa première traversée du désert saharien. Ce voyage fut et reste déterminant dans ses orientations professionnelles. Il se marie en 1930 et dès 1934 repart à la quête de son "graal" : le désert saharien. Il devait y faire des recherches sur une météorite. Cette expédition est restée célèbre car elle fut la première à étudier la dernière région encore inconnue du Sahara.

En 1938, on lui demande de développer et de diriger la recherche scientifique en Afrique à partir de Dakar. Puis, survint la seconde guerre mondiale durant laquelle il a participé à la Résistance, devenant ainsi le porte-parole de la France combattante à Dakar. Il refusa notamment en 1942 de prêter allégeance au Maréchal Pétain. Nommé professeur au Muséum d'Histoire Naturelle en 1943, il va vivre pendant dix ans entre l'Afrique et Paris.

De 1953 à 1960 il effectue trois traversées du Sahara et quitte l'Afrique en 1965 du fait de moyens trop faibles pour faire avancer les recherches entreprises depuis 1938. Il est nommé à l'Académie des Sciences et décide de lutter lors de son retour en France contre tout ce qui pourrait menacer la Terre : les guerres ou encore le nucléaire pour ne citer que ses exemples.
Ainsi, il passera sa vie entre le désert, les prises d'opinions pacifistes et les missions scientifiques.


Personnage engagé, philosophe, scientifique et chrétien, Théodore Monod nous fait l'honneur de parrainer notre projet en nous apportant tout son savoir sur la Mauritanie et le milieu désertique.