L'histoire débute par le voyage de nos amis en Laponie finlandaise l'année dernière. En effet Laurent, Xavier, Arnaud, Loïs, Matthias, Virginie, Timothée, Benoît, Marie et Baptiste sont partis à pied et en bateau, au pays du soleil de minuit, des rennes, des élans et des loups, dans un environnement vierge essentiellement constitué de forêts et de lacs, un véritable Canada européen. Le but de cette expédition était d'effectuer un reportage photographique sur les chercheurs d'or lapons.
Durant ce périple, ils ont retrouvé par hasard la trace du fameux chercheur d'or Ranskalaïzet. De son existence il semblait ne rester qu'un vieux chalet artisanalement conçu. Mais à l'intérieur, nos amis ont d'abord trouvé des photos du chercheur d'or avec quelques affaires recouvertes d'une épaisse couche de poussière. Les murs, les plafonds et le sol semblaient très fragilisés par le temps. Il faut dire que durant l'hiver la température avoisine les - 20°, - 30 °.
Depuis la disparition de notre homme, rien n'avait changé de place, il ne faisait aucun doute que personne n'était encore passé par ici depuis sa mort. En pénétrant dans la chambre, Marie et Virgine ont eu l'heureuse malchance de voir le plancher se rompre sous leurs pas.
En effet elles venaient de mettre à jour une pièce cachée au fond de laquelle elles découvrirent un trésor caché par Ranskalaïzet. A côté de celui-ci se trouvaient différents écrits provenant de son journal de bord.

Tamo décida de les étudier pendant son temps libre. Il parcouru les deux premiers tomes qui contaient les débuts de notre chercheur d'or. Il découvrit que Ranskalaïzet avait longtemps vécu en Mauritanie dans une ville nommée Nouakchott. Et qu'une nuit, alors qu'il regardait les étoiles, étendu dans son hamac, il vit une étrange étoile filante traverser le ciel lentement et s'éteindre dans le désert. Il savait que tous ceux qui étaient partis dans cette direction n'étaient jamais revenus, le désert préférait garder tous ses secrets. Mais il ne put s'empêcher de la suivre. Il prit avec lui une outre d'eau et sa montre boussole dont il était très fier, et partit.
Après de longues heures de marche dans le sable, le soleil fit son apparition. Au fur et à mesure qu'il avançait la température augmentait et sa réserve en eau diminuait. La chaleur devenait insoutenable, sa vue en devenait floue. Il commença à se demander comment il allait pouvoir s'en sortir. Pendant cinq petites minutes, un air frais le rafraichit. Mais soudain, le sable se mit à voler et commença à lui singler le visage. Très vite il dut se masquer la tête dans ses vêtements.
Dès lors, il avançait dans le vide sans voir ce qui se trouvait devant lui. Il parcourut une certaine distance en grimpant le long d'une dune mais une fois parvenu au sommet il glissa de l'autre côté qui était beaucoup plus abrupt. Il chuta et ne put se relever, le vent était tellement fort qu'il ne pouvait lutter. Deux images parcoururent son esprit avant qu'il ne perde rapidement connaissance. Cette étrange lueur qu'il l'avait amené ici dont il ne savait que penser, était-ce une hallucination ? Cette question sans réponses fut effacée par un long sommeil.
A son réveil, il était entouré par des hommes tenant fermement dans leur grosses mains... des filets de pêche et des bâtons. Ils le fixaient fermement du regard, l'un d'eux s'exclama en frappant sa poitrine de son poing : imragen ! Ou quelque chose comme ça. Puis Ranskalaïzet se rendormit. Plus tard, c'est une vague qui le ramena à la réalité. Il se trouvait donc au milieu d'un village entre le désert et l'océan. L'homme qui avait crié vint lui apporter à manger. En faisant leur connaissance et en partageant leur vie pendant quelques semaines, il apprit un grand secret, un très grand secret qui dirigea le cours de son existence. Il resta quelques semaines au village et vécut avec les pêcheurs des moments inoubliables, dont une pêche ancestrale.
Un soir alors qu'il discutait avec un vieux pêcheur, il apprit que lorsque celui-ci était jeune, il s'était aventuré seul le long de la côte vers le nord pour rencontrer de nouveaux paysages. Et là, il avait vu un immense village avec des bateaux qui arrivaient et partaient vers le large. Impressionné, il a fait demi-tour vers le village et a gardé au fond de lui cette découverte par crainte des anciens qui n'aimaient guère que l'on prenne des risques. Ranskalaïzet savait dès lors qu'il n'était plus prisonnier dans ce village. Il partit vers cette ville en pensant très fort à l'aventure qu'il venait de vivre et au secret qu'il avait appris.
Après deux jours de marche il arriva à cette fameuse ville appelée Nouadhibou. Il fit connaissance avec un vieillard qui lui proposa de l'héberger. Ce vieillard lui raconta qu'autrefois il avait vu un bateau s'échouer au fond d'une de ces grottes hébergeant des colonies de phoques-moines. Ranskalaïzet demanda à l'homme de lui montrer l'endroit. Il l'emmena sur sa barge, des dauphins apparurent et semblaient lui indiquer la direction à suivre. Il s'arrêta en lui montrant du doigt une falaise creusée par la mer au bas de laquelle on apercevait des grandes grottes d'une trentaine de mètres de hauteur. Puis ils repartirent. Ranskalaïzet connaissait l'histoire du radeau de la Méduse et savait que le bateau contenait d'énormes richesses. Personne à ce jour n'avait pu localiser l'endroit exact du naufrage, mais grâce à ce vieillard, il en savait plus que tout le monde. Il partit à sa recherche. Il explora de nombreuses cavernes. Et au fond d'une d'entre elles, il découvrit un tunnel qui menait à une salle immense avec au centre un trou rempli d'or, de pierres précieuses et de bijoux. Il s'empressa de charger tout ce qu'il put. Et c'est au fond d'une de ces grottes qu'il devint un des hommes les plus riches de tout le pays. Il acheta un vieux gréement afin de quitter le continent et partit affronter l'océan Atlantique, cap vers l'Europe.
Aprés une longue traversée, Ranskalaïzet débarqua en Norvége afin de profiter des richesses qu'il avait découvertes. Mais bien que tout lui paraîssait facile, chacun de ses rêves lui révèlait cette même vision, ce face à face avec son grand secret. Il décida de partir ailleurs, en direction de la Laponie, la dernière terre vierge de l'Europe. Son bateau accosta en Laponie où il vécut le restant de ses jours et fît croire qu'il cherchait de l'or; en fait cet or provenait de son trésor d'où il retirait juste de quoi subvenir à ses besoins. Le reste de son trésor se trouvait dans un coffre avec trois livres et trois morceaux de cartes de Mauritanie. Sur chacun d'eux se trouvait un morceau de phrase. Une fois assemblés, on pouvait lire : " Les imragens ont un secret, le secret du bonheur ".

Avec cette phrase Tamo en savait un peu plus sur ce secret. Dès lors, il comprenait un peu mieux la réaction de Ranskalaïzet qui n'avait pas voulu profiter de tous ces biens qu'il avait amassé. Par contre, il ne savait toujours pas ce que pouvait être exactement ce secret préservé par les pêcheurs mauritanniens. Il fit part de ce qu'il avait appris au reste de l'équipe. Ce soir là, personne ne parlait, tous étaient pensifs et le secret des Imragens occupait tous les esprits. Mais la laponie n'est pas une région vraiment hospitalière et les innombrables moustiques leur rappelèrent qu'ils n'étaient pas simplement en vacances et qu'ils devaient encore marcher longtemps pour pouvoir atteindre un des plus grands lacs d'Europe, le lac Inari. Une fois le lac atteind, il leur a fallu fournir d'autres efforts pour naviguer en canöe sur le lac, et de la patience pour arriver à mener a bien leur reportage photographique.

Mais dès qu'ils furent rentrés chez eux, ils ne rêvaient plus qu'à une seule chose : partir en mauritanie et découvrir le fameux secret des Imragen.

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